La guerre et la Paix sont décidément des notions infiniment relatives qui s’apprécient selon celui qui en parle, ceux qui écoutent, et le Temps où elles sont dites.
Obama a reçu le Prix Nobel de la Paix, et l’occasion lui fut ainsi donnée de faire un discours que le monde entier applaudit. Je me suis laissé aller à reprendre le discours d’Obama, en appliquant ses idées sans les trahir au conflit israélo-arabe.
Obama à Oslo
“Je suis le commandant en chef d'une nation engagée dans deux guerres. L'une de ces guerres touche à sa fin. L'autre est un conflit que l'Amérique n'a pas voulu, dans lequel nous sommes engagés avec 43 autres pays, dont la Norvège, pour nous défendre et défendre tous les pays de nouveaux attentats.”
Vous avez raison, et admettez alors Monsieur Obama que lorsque Israël réagit pour défendre ses citoyens d’attentats meurtriers ce n’est pas de l’agression, et quand Israël construit une clôture de sécurité pour préserver ses citoyens, c’est une mesure indispensable et non du racisme.
“Nous sommes en guerre, et je suis responsable du déploiement de milliers de jeunes Américains partis se battre dans une terre lointaine. Certains tueront, d'autres seront tués. Alors je viens ici avec le sens aigu du coût d'un conflit armé, plein de questions difficiles sur les rapports entre guerre et paix, et nos efforts pour remplacer l'une par l'autre.”
Les juifs israéliens se battent, tuent et sont tués sur une Terre qui n’est pas lointaine, la Terre où ils vivent, où ils élèvent leurs enfants, où ils rient et pleurent, une terre qui est ancrée dans leurs cœurs, dans leurs esprits, dans leurs mémoires, et dans leurs âmes.
“Je me réserve, comme tout chef d'Etat, le droit d'agir unilatéralement si nécessaire pour défendre mon pays.”
Vous rappelez avec bon sens que l’autodéfense est un Droit de l’Homme et un Droit des peuples. Dans le cas d’Israël, il ne s’agit pas uniquement de se défendre. Depuis 1948 il a fallu agir unilatéralement pour Vivre tout simplement, et agir pour lutter contre ceux qui nient l’existence même d’une nation juive.
“Nous devons repenser les notions de guerre juste et les impératifs d'une paix juste. (…) Nous devons commencer à admettre la dure réalité: nous n'éradiquerons pas le conflit violent de notre vivant. Il y aura des moments où les pays, agissant individuellement ou de concert, considéreront que l'usage de la force est non seulement nécessaire mais moralement justifié.”
Comme vous, je souhaite mais ne sais si le conflit israélo-arabe sera éradiqué de notre vivant, et comme vous je pense qu’il est moralement justifié de combattre ceux qui veulent vous détruire, ceux qui au prix de falsifications quotidiennes des faits, déguisent des agresseurs terroristes en pauvres victimes civiles au milieu de populations misérables qu’ils entretiennent par simple idéologie morbide.
“Ma présence ici étant la conséquence directe de toute l'œuvre Dr King, je suis l'héritage vivant de la force morale et de la non-violence (…) Mais en tant que chef d'Etat ayant prêté serment de protéger et défendre mon pays, je ne peux être guidé par leurs seuls exemples (…) Je ne peux rester sans rien faire face aux menaces pesant contre le peuple américain.” “Car ne nous trompons pas: le mal existe dans le monde. Un mouvement non-violent n'aurait pas pu arrêter les armées d'Hitler. Les négociations ne peuvent pas convaincre les dirigeants d'Al-Qaïda de déposer les armes.”
Vous avez encore raison Monsieur Obama, les dirigeants israéliens ne peuvent rester sans rien faire face aux menaces pesant contre le peuple juif à la fois en Israël, foyer de sa renaissance nationale, mais aussi partout dans le monde si c’est nécessaire. Nous sommes les rescapés de ceux qui n’avaient pas d’armée pour les défendre.
“Quelles que soient nos erreurs, les faits sont là: les Etats-Unis d'Amérique ont aidé à garantir la sécurité du monde pendant plus de six décennies avec le sang de nos citoyens et la force de nos armes. Alors oui, les instruments de la guerre ont un rôle à jouer dans la protection de la paix. Et pourtant cette vérité doit coexister avec une autre: la guerre, pour justifiée qu'elle soit, est la promesse d'une tragédie humaine.”
Encore juste monsieur le Président, quelles que soient les erreurs israéliennes et il y en eut, le sang des soldats tombés sans oublier le sang des civils ont servi à préserver au Proche-Orient un foyer de liberté et d’indépendance pour des juifs qui furent chassés de leur terre, exilés, convertis de force, humiliés, bannis, et massacrés. Depuis 61 ans il existe un état juif qui défend les juifs comme c’est le cas pour les américains, les français. On se demande néanmoins si l’objectif des dirigeants palestiniens, qui lorsqu’ils ont disposé de territoires autonomes et de beaucoup d’argent, ont laissé leur peuple dans la misère préférant acheter des missiles que construire des écoles, relève des mêmes considérations que les nôtres.
“Je crois que la force peut être justifiée par des raisons humanitaires (…) L'inaction déchire notre conscience et peut mener à une intervention ultérieure plus coûteuse. C'est pourquoi tous les pays responsables doivent reconnaître le rôle que peut jouer l'armée dotée d'un mandat précis pour protéger la paix.”
Bien reçu Monsieur Obama, à la lumière de votre propos, on comprend mieux que les juifs ont mis trop de temps à comprendre l’urgence pour eux d’une renaissance nationale, et l’Europe comme les pays arabes sont les témoins des sacrifiés parcequ’aucune armée n’était là pour les défendre.
“La paix n'est pas seulement l'absence de conflit visible. Seule une paix juste fondée sur les droits inaliénables et la dignité de chaque individu est vraiment durable (…) Une paix juste ne suppose pas seulement des droits civiques et politiques, elle doit inclure la sécurité économique et des débouchés.”
Monsieur Obama chapeau bas ! Vous atteignez des sommets. Il faudra expliquer au Monde que l’Etat d’Israël n’est pas la compensation des « dommages » subis par les juifs pendant l’Holocauste, mais bien le fruit d’un Droit inaliénable. Comment pourrions-nous imaginer une quelconque Paix au proche orient si le Droit inaliénable des juifs à diriger leur destin au sein de leur nation sur leur terre ne leur est pas reconnu. La Paix entre français et allemands aurait-elle pu intervenir si les négociateurs allemands avaient été des nostalgiques d’Hitler et du troisième Reich ? Comment faire la Paix avec des leaders arabes qui pensent que la création d’un énième état arabe est plus légitime que la survie du seul état juif ? Comment faire la Paix avec le modéré Mahmoud Abbas qui ne peut envisager le caractère juif de l’état d’Israël ?
“Aucune guerre sainte ne sera jamais une guerre juste (…) Une vision aussi pervertie de la religion n'est pas seulement incompatible avec le concept de la paix mais aussi avec le but de la foi, car la règle au cœur de chacune des grandes religions est que nous traitons les autres comme nous voudrions qu’ils nous traitent.”
Monsieur Obama, vous devez être juif ! La Bible avant tous les démocrates avait institué la séparation des pouvoirs, il est dit : « les prêtres et les lévites, toute la tribu de Lévi, n'auront ni part ni héritage avec Israël, pas de “part” dans le butin, ni d'héritage” dans la terre ». Nous fêtons en ce moment la fêter de Hanoukka qui commémore l’histoire d’une victoire militaire, celle des Hasmonéens sur les grecs qui venaient combattre bien loin de leur pays.
Les Hasmonéens qui ont combattu les grecs sont des prêtres (Cohanim) de la Tribu de Levi. Selon la Thora, un Cohen qui tue un homme, même par inadvertance perd sa nature de Cohen et ne peut plus bénir. Il leur est absolument interdit de faire la guerre. Mais à cette époque, Mattathias, le grand prêtre suivi par ses enfants mena le combat victorieux contre les grecs, et notre présence aujourd’hui constate le bienfondé de cette décision qui permit aux juifs de sauvegarder leur identité. Le problème est qu’après cette victoire, les descendants des Hasmonéens ont bravé un autre interdit : alors qu’ils étaient détenteurs du pouvoir spirituel ils ont continué de régner politiquement contrairement à l’interdiction qui leur était imposée de séparation des pouvoirs. Ils étaient le Pouvoir, et vous avez parfaitement raison, rien n’est plus dangereux qu’un pouvoir politique au nom de Dieu, puisqu’il est forcément totalitaire. Le peuple juif a payé un lourd tribu à l’erreur de leurs prêtres puisque c’est cette faute dramatique, cet abus de pouvoir contre nature, qui fut le début de la catastrophe qui déchira le peuple juif, engendra la haine gratuite, la guerre des juifs et mena moins de 250 ans plus tard à la destruction du second Temple de Jérusalem et à l’Exil.
Monsieur Obama, j’étais plutôt réservé après votre élection au Prix Nobel de la Paix, mais j’ai changé d’avis, et formule les vœux en cette année 5770, que les lumières de Hanoukka éclairent votre cœur, votre esprit, et qu’à la suite de ce brillant discours vous cessiez d’affirmer que le conflit israélo-arabe est un conflit territorial. Mettez en application vos principes, cessez de faire pression sur les dirigeants israéliens et dites au monde qu’il s’agit simplement de la reconnaissance du Droit inaliénable de la nation juive sur sa Terre.
Bernard Darmon