Dossier du Jérusalem Post 29//09/2009  

David Ben Gourion croyait à cette idée. Aujourd’hui, l’historien Tsvi Misinaï dépoussière une thèse controversée : 9 Palestiniens sur 10 auraient des origines juives « Nous sommes de la même race et du même sang et une coopération entre nous amènera une grande prospérité dans le pays », écrivait l’émir Faiçal à Felix Frankfurter en 1917. Faiçal ne cachait pas ses affinités avec les sionistes qui avaient commencé à affluer en Terre sainte. En 1919, il signait un accord de coopération avec Haïm Weizmann, à qui il écrivait être conscient « de la parenté raciale et des liens très anciens qui unissent les Arabes au peuple juif ». 

Faiçal ne faisait pas qu’énoncer un lieu commun, il savait de quoi il parlait, soutient Tsvi Misinaï. Ce passionné d’histoire en sait sans doute plus long que quiconque sur les origines des Palestiniens d’aujourd’hui. « Faiçal était hachémite par son père », explique-t-il, « ce qui signifie qu’il descendait directement de Mahomet. En revanche, la mère de son grand-père maternel, King On, était issue d’une famille de Juifs forcés de se convertir à l’islam et qui avaient dû émigrer à l’est du Jourdain. Ils ont réintégré plus tard leur village. A l’époque de l’enfance de Faiçal, ces origines juives étaient connues de tous et l’on ne cherchait pas à les dissimuler. Et ce que Faiçal savait alors, beaucoup de Palestiniens d’aujourd’hui le savent aussi. » 

90 % des Palestiniens ont des ancêtres juifs Voici le récit de ce qui pourrait bien être l’un des secrets les mieux gardés de l’histoire. Une découverte susceptible, à terme, d’apaiser les terribles tensions qui déchirent la terre d’Israël. Des années de recherches permettent à Tsvi Misinaï d’affirmer aujourd’hui, avec la plus grande certitude : près de 90 % des Palestiniens ont des ancêtres juifs. « Et environ la moitié d’entre eux le savent », précise-t-il. 

Ils ont en effet conservé certaines coutumes juives, dont les rituels de deuil, l’allumage des bougies le Shabbat ou en commémoration de proches disparus, et même le port des téfilines. Et pourtant, en Israël, on est convaincu que le groupe qui se fait appeler « les Palestiniens » se compose d’Arabes venus de diverses régions du Moyen-Orient pour profiter des opportunités d’emplois fournies par les Juifs. Tsvi Misinaï, lui, ne partage pas cette opinion. Selon lui, la vaste majorité des Palestiniens d’aujourd’hui descendent de familles juives qui ont réussi à éviter l’exil tout au long des 2 000 dernières années, ou qui sont revenus dans leurs villages après en avoir été chassés. Ils ont, eux aussi, été les victimes des nombreuses souffrances endurées par les Juifs de Terre sainte : de la destruction du Temple par les Romains aux Croisades, en passant par les famines, la pauvreté et les guerres du Moyen Age. Impossible à cette époque d’éviter la conversion à l’islam, une démarche forcée consentie par crainte plutôt que par conviction. Tsvi Misinaï s’est donné comme mission de répandre ce message parmi les Palestiniens, leur offrant la possibilité de récupérer leur héritage perdu. Et son objectif ne se limite pas à les réconcilier avec leurs racines : selon lui, la réintégration de ce qu’il appelle les « descendants d’Israël » au sein du peuple juif est le meilleur moyen – sinon l’unique – de résoudre la crise du Proche-Orient. 

Non, Tsvi Misinaï n’est pas un illuminé. Ce spécialiste du high-tech, est peut-être le premier concepteur israélien d’un produit informatique désormais mondialement connu. A l’époque où les enfants de la génération ICQ et Google étaient encore en couches-culottes, au début des années 1980, Misinaï créait Sapiens, un lanceur d’applications de renommée internationale, surtout dédié au domaine des assurances, qui a reçu le prix Rothschild du développement industriel en 1992. Quelques années plus tard, Tsvi Misinaï opère un virage à 180°. Il abandonne l’informatique pour retourner à ses premières amours : l’histoire de la terre d’Israël. « C’est mon père qui m’a transmis cette passion . Il collectionnait tous les objets liés à notre terre. » En digne fils, il reprend le flambeau. Toutefois, en plus des objets, Tsvi Misinaï collectionne les histoires : légendes et folklore, qu’il recueille de la bouche même des moukhtars, les anciens, mémoire vivante des villages de la terre d’Israël . « Il existe de grands clans, dans les collines de Hébron, en Samarie et parmi les Bédouins du Néguev, qui connaissent leur héritage et ont même élaboré des arbres généalogiques qui prouvent leurs racines. Et ce n’est pas tout : beaucoup d’entre eux pratiquent encore certaines coutumes spécifiquement juives. Il n’y a pas si longtemps, leurs voisins les appelaient ‘les Juifs’, alors que, techniquement, ils étaient aussi musulmans que les autres. » Selon Tsvi Misinaï, près de 9 Palestiniens sur 10, sur la terre d’Israël (y compris la Judée-Samarie et Gaza) ont des racines juives. « Et ce pourcentage est encore plus élevé à Gaza », insiste-t-il. 

Une théorie qui date de Ben Gourion Tsvi Misinaï est loin d’être le pionnier de cette ironie historique. Avant lui, le deuxième président d’Israël, Itzhak Ben Zvi, et le premier Premier ministre David Ben Gourion, ont consacré plusieurs livres et articles au sujet. Ben Gourion croyait tant à cette idée qu’en 1956, il a mis sur pied une équipe dirigée par Moshé Dayan et Haïm Levkov (envoyé du Palmah parmi les Arabes d’Israël, ce dernier a travaillé avec Ygal Allon à la constitution d’une unité de traqueurs, domaine traditionnellement réservé aux Bédouins du Néguev). Leur mission : parvenir à « judaïser » les Bédouins, en leur expliquant le mode de vie et les coutumes juives. Les intégrer aux Israéliens sur le plan ethnique, sinon religieux. 

Les Bédouins s’étaient alors montrés assez réceptifs, mais les conditions de vie trop difficiles avaient poussé leurs professeurs, censés partager leur quotidien, hors des villages. Le programme est abandonné. En fin de compte Moshé Dayan convainc Ben Gourion que l’idée risque de mécontenter le monde musulman. Le projet s’est arrêté là. Pour Tsvi Misinaï, il s’agit d’un point important : « Je ne pense pas que la plupart des Palestiniens, ni même une minorité d’entre eux, auraient nécessairement envie de se convertir au judaïsme, du moins à l’heure actuelle. Ce n’est pas, de toute façon, un impératif pour les réintégrer au peuple juif, mais j’imagine aisément la réticence des rabbins face à une telle perspective ! » 

Par ailleurs, d’autres considérations entrent en ligne de compte. Pour Tsvi Misinaï, on pourrait craindre, côté israélien, que les Palestiniens n’acceptent leur « identité juive » que pour obtenir la carte d’identité israélienne, bénéficier de la sécurité sociale, voire réaliser plus facilement des attentats terroristes. « Quelques Palestiniens ont entrepris de se convertir dans les règles, mais j’en connais un certain nombre qui pratiquent le judaïsme en estimant qu’ils n’ont pas besoin de passer par là, puisqu’ils se savent déjà juifs. » 

Les preuves de l’ascendance juive des Palestiniens se révèlent, en fait, très convaincantes. Premier indice, les noms : ceux des lieux, mais également les patronymes. « Beaucoup de villages, ici, n’ont pas de racines étymologiques arabes. Un fait très rare dans d’autres pays arabes. Parmi eux : Kafr Yassif, Kafr Kana, Kafr Yatta, Kafr Manda, Kafr Samia et beaucoup d’autres encore », révèle Tsvi Misinaï. Dans son livre écrit en 1932, Les Populations dans notre pays, Itzhak Ben Zvi établissait qu’à l’ouest du Jourdain, 277 villages et sites – presque les deux-tiers ! – portaient des noms très similaires ou identiques à ceux des villages juifs établis aux mêmes endroits à l’époque du Second Temple. « C’est en soi la preuve que les habitants de ces villages étaient des Juifs restés là après la destruction », écrit Ben Zvi dans son livre. « Si des populations étrangères avaient pris possession de ces villages, elles auraient modifié les noms hébraïques (c’est ce qui s’est passé dans la majorité des zones où la population a bel et bien changé, comme à l’est du Jourdain). Ce ne fut pas le cas dans la partie occidentale d’Israël, où les anciennes appellations ont subsisté Elles prouvent une continuité historique sur ce territoire. »
Par ailleurs, dans la population palestinienne,de nombreux noms de famille semblent dérivés de l’hébreu eux aussi. Dans les années 1860 déjà, explique Tsvi Misinaï, « le colonel Condor, de l’Institut pour la Recherche sur Israël, a découvert que certains fallahin (paysans) palestiniens portaient des noms bibliques, sans aucun lien avec le vocabulaire arabe. De grandes familles très honorables vivant dans diverses régions du pays ont conservé des noms hébreux. » 

Parmi les principaux clans de cette catégorie, figurent les Abou Khatsira, qui contrôlent presque toute l’activité de pêche à Gaza, les Elbaz, famille de Juifs immigrés du Maroc, les Aboulafia, propriétaires de la célèbre boulangerie de Jaffa, qui descendent de Rabbi Abraham Aboulafia, kabbaliste espagnol du XIIIe siècle, les Almog, de Djénine, les Dawouda (David), de Hébron, et même, croyez-le ou non, 4 000 convertis de force à l’islam appelés Cohen, qui vivent en Jordanie. Une langue et des coutumes qui ne trompent pas 

Deuxième indice : la langue. Le dialecte palestinien comporte de nombreux termes que l’on ne trouve pas dans l’arabe « standard ». Résidus d’un vocabulaire hébraïque et araméen dans une langue que ces « convertis de force » ont dû apprendre après les diverses conquêtes arabes et turques. Israël Belkind, initiateur du mouvement Bilou, a étudié les racines des Palestiniens dans les années 1890. « Il a déjà été prouvé par le Major Condor, que les ‘Arabes’ d’Israël avaient parlé l’araméen », écrit-il,  » la langue des Juifs au moment de la conquête arabe et des Croisades. Cela signifie bien que ces ‘Arabes’ étaient, en fait, des Juifs. » 

Beaucoup de traditions juives ont survécu chez les Palestiniens, renchérit Tsvi Misinaï. Ainsi, « l’islam impose de circoncire les garçons à l’âge de 13 ans. Dans de nombreux pays arabes, on a l’habitude d’attendre quelques années pour le faire, mais beaucoup de Palestiniens accomplissent ce rite une semaine après la naissance – c’est-à-dire le huitième jour », révèle-t-il.
Parmi les autres coutumes respectées par certains Palestiniens : celle de ne pas quitter la maison durant sept jours après le décès d’un proche (contre trois seulement dans la tradition musulmane). Tsvi Misinaï précise cependant que cette habitude a été abandonnée depuis la première Intifada. Il arrive également que l’on allume des bougies pour un défunt (pratique inconnue dans le monde musulman), ou encore à l’entrée du Shabbat, et que l’on pratique la loi du Lévirat (coutume qui veut que le frère d’un homme décédé épouse sa veuve, dans certaines circonstances particulières). Cette habitude est surtout répandue chez les Bédouins, affirme Tsvi Misinaï, qui souligne que « dans la société bédouine, la majorité des lois sont très proches de celles de la Torah et de la Mishna ». Enfin, certaines familles palestiniennes ont chez elles des Hanoukiot (chandeliers) très anciennes qu’elles sortent des armoires au cœur de l’hiver (soit aux alentours de Hanoucca). 
L’une des plus curieuses coutumes du judaïsme conservées parmi les Palestiniens concerne les téfilines. On les utilisait en cas de maladie, en particulier la migraine. Des téfilines très rares étaient enveloppés dans un tissu (« pour les protéger », explique Tsvi Misinaï). Lorsqu’une personne avait besoin d’un « traitement », on lui posait la boîte (qui renferme le rouleau manuscrit) au milieu du front avant d’enrouler les lanières autour de la tête. Avec l’aide d’une clé, on serrait très fort les lanières, créant une pression intense sur la tête, ce qui avait pour effet d’accroître la douleur. Aussi, lorsqu’on retirait les téfilines, la victime avait-elle l’impression d’avoir moins mal, voire plus mal du tout. « Mais en dehors de quelques rares exceptions, la vraie signification des téfilines semble avoir disparue », reconnaît Tsvi Misinaï. L’alimentation, elle aussi, est restée importante pour ces Juifs perdus. Beaucoup de Bédouins évitent de manger du chameau et d’autres animaux non casher et, vers l’époque de Pessah, certains Palestiniens éprouvent l’envie de goûter de la matsa. 

Toutes les preuves anecdotiques détaillées plus haut pourraient n’être que le fruit de confusions historiques. En revanche, il existe une chose qui, elle, ne peut être falsifiée : la génétique. Selon Tsvi Misinaï, cette science prouve, plus que tout le reste, l’intimité effective entre les Juifs traditionnels et les Palestiniens. « En 2001, le magazine spécialisé Human Immunology a publié une étude du professeur Antonio Arnez-Vilna, chercheur espagnol de l’université de Complutense à Madrid. Elle révèle que les systèmes immunitaires des Juifs et des Palestiniens seraient extrêmement proches. La preuve d’une identité génétique similaire. Néanmoins, lors de la parution, le magazine s’est désolidarisé de l’article, arguant que son auteur y avait inséré des opinions politiques personnelles », raconte Tsvi Misinaï, en précisant que le scientifique en question n’a toutefois pas été accusé de falsification de données. D’autres chercheurs, dont, en 2002, ceux de l’université de Tel-Aviv, ont établi que seuls deux groupes dans le monde étaient génétiquement susceptibles de développer un certain syndrome de surdité héréditaire : les Juifs ashkénazes et les Palestiniens. Toutes les études citées par Tsvi Misinaï dans son livre vont dans le même sens : « Les Palestiniens sont bien plus proches des Juifs ashkénazes que des Arabes. » Il faut remarquer que les Palestiniens ne détestent pas tous Israël, ajoute Tsvi Misinaï. Et de mettre en avant une anecdote : en 1982, lors de la première guerre du Liban, les chefs de clans de Bidya, en Samarie, ont voulu s’enrôler dans Tsahal afin de combattre l’OLP. « L’origine juive de nombreux clans de Bidya est un fait avéré, même aujourd’hui », conclut-il.
Néanmoins, il ne faut pas être naïf : beaucoup de Palestiniens aimeraient voir disparaître les Juifs. Pour Tsvi Misinaï, plusieurs raisons expliquent cette haine : « D’abord, la perte de mémoire pour un grand nombre d’entre eux. Ils voient les Juifs comme des concurrents. A l’inverse, ceux qui ont des affinités avec les Israélites, craignent les extrémistes et les terroristes musulmans. Il ne faut pas être soupçonnés de ‘collaboration’. La seule issue reste donc le terrorisme. » 

Dans son livre, Tsvi Misinaï décrit avec zèle les origines du peuple palestinien. Selon lui, ce dernier se divise en deux principaux groupes : les descendants de Juifs des hauteurs de Judée-Samarie – qui ont réussi à conserver leur identité juive pendant des siècles, avant d’être obligés de choisir entre exil et conversion à l’islam -, et les descendants des anciennes nations d’Edom et de Moab, au moins deux fois convertis en masse au judaïsme. A ces deux groupes, que Tsvi Misinaï appelle respectivement les « descendants d’Israël » et les « frères d’Israël », il faut ajouter quelques Arabes (en très faible pourcentage), des Samaritains (qui préservent avec soin leur identité religieuse bien particulière), des descendants de soldats romains, postés-là après la destruction du Second Temple, et même certains survivants des Cananéens et des Philistins de l’Antiquité, « idolâtres présents à Gaza et dans le village de Jisr a-Zarka, près de Haïfa », précise Tsvi Misinaï. 

La mémoire collective des peuples des montagnes s’est davantage transmise qu’au sein des « frères d’Israël », établis dans les basses-terres et les plaines côtières et qui ont vite oublié leurs racines juives. Ce sont eux qui ont fui Israël en 1948 et c’est aussi parmi eux, selon Tsvi Misinaï, que se recrutent les terroristes les plus actifs. Très virulents pendant l’Intifada, ils sont déterminés à revenir sur les terres abandonnées en 1948 (terres qu’ils avaient eux-mêmes occupées un siècle plus tôt à peine, quand ils venaient chercher du travail dans les villes et villages que construisaient les Juifs). En somme, ces « frères » ont désormais réintégré leur patrie ancestrale, à l’est du Jourdain. Une possible solution au conflit ? 

Ainsi les « descendants d’Israël » forment-ils la majorité de l’actuelle population palestinienne établie à l’ouest du Jourdain. Pour Tsvi Misinaï, Israël pourrait – et devrait – travailler avec eux pour résoudre le conflit palestinien. Non par la création d’un Etat palestinien en Judée-Samarie, mais en donnant à ces populations des montagnes l’opportunité de renouer avec leurs racines : avec le peuple juif et avec l’Etat moderne d’Israël.
« Cela paraît irréalisable, mais le sionisme a toujours paru insensé. Et on y est quand même arrivé ! », s’enthousiasme Tsvi Misinaï. Hélas, le problème palestinien fait que le sionisme est aujourd’hui passé de mode. Même si l’idée d’une nouvelle partition n’a rien d’alléchant, personne n’a non plus envie d’être qualifié d’ »occupant ».
« Cela peut fonctionner », persiste Tsvi Misinaï. « Le fait que la plupart des Palestiniens se déclarent musulmans n’est pas un vrai problème, parce que ces gens-là ne sont pas, dans l’ensemble, des pratiquants très dévots. Jusqu’à ces dernières décennies, il n’y avait presque pas de mosquées autour de Jérusalem, comparé aux chiffres de la population. C’est le roi Hussein et, plus tard, le ministre israélien des Affaires religieuses, qui ont entrepris la construction massive de mosquées. Bidya, par exemple, n’en comptait qu’une seule pour 25 000 habitants jusqu’à récemment. 
Dans ses écrits, Itzhak Ben Zvi citait un phénomène intéressant qu’il avait lui-même observé : « Lorsqu’un paysan de Palestine jure sur le prophète Mahomet, son serment n’est pas pris au sérieux. Mais s’il se rend sur la tombe d’un saint du village ou des environs et qu’il fait son serment à cet endroit, on peut lui faire totalement confiance. » 

La vénération que portent les Palestiniens aux prophètes juifs, le fait qu’ils aient préservé les sépultures des patriarches, ainsi que les quelques rituels juifs qu’ils pratiquent encore (Ben Zvi cite des témoins qui ont vu des Palestiniens et des Bédouins danser autour de la tombe de Rabbi Shimon Bar-Yochaï à Méron le jour de Lag Baomer) indiquent que l’esprit des « Moustaabari » [les Juifs secrets] est encore bien vivant. S’ils ont le choix entre être des Musulmans peu pratiquants et devenir des Juifs peu pratiquants, la majorité optera pour la seconde solution. Sur ce point, l’Etat a un rôle majeur à jouer. « Dans leur ensemble, les Palestiniens sont avant tout loyaux à leur famille, puis à leur clan, puis à ceux qui sont en position de pouvoir et, en toute fin seulement, à leur religion et à leur peuple. Un Etat d’Israël, fort et confiant dans la direction qu’il a adoptée, et dans la justesse de sa cause est à même d’appliquer avec succès le plan d’Engagement. » 

Un obstacle : la peur L’une des raisons qui ont poussé les Palestiniens à tenir si longtemps secrètes leurs racines juives – malgré leur désir d’échapper au corset de l’islam – est leur crainte des éléments tyranniques qui composent les commandements arabes et palestiniens. Ceux-là mêmes qui perpétuent les souffrances des Juifs israéliens et des descendants d’Israël. « Il n’est pas rare que l’on oblige les familles des descendants à prouver leur loyauté à la ’cause’ en les menaçant de mort », affirme Tsvi Misinaï. « Par exemple, beaucoup d’entre elles nomment un de leurs fils ‘Djihad’, afin de prouver qu’elles sont de loyales combattantes contre les Juifs. » 

Si l’Etat leur offrait une alternative, soutient Tsvi Misinaï, beaucoup trouveraient le courage de briser ces vieux shémas et d’embrasser leur véritable héritage. Il ne s’agit pas du tout de les convertir, précise-t-il, mais de développer des affinités culturelles et de constituer un seul et unique groupe national. Cependant, ajoute-t-il, il est probable qu’un certain nombre serait désireux de se convertir au judaïsme malgré tout. Même si beaucoup de Palestiniens ne souhaiteront pas s’intégrer au peuple juif, voir un grand nombre d’entre eux le faire donnerait le ton.
Pour des raisons similaires, beaucoup de Juifs israéliens, depuis l’époque de Ben Zvi et de Ben Gourion, ont préféré ne pas s’intéresser aux preuves flagrantes du passé juif des Palestiniens. « Après la Shoah, cet aspect a été mis de côté, car le Yishouv avait d’autres préoccupations bien plus urgentes, outre les problèmes évidents de la langue et du mode de vie qui séparaient Juifs et Palestiniens, sans parler de la souffrance infligée par les nombreux soulèvements et pogroms menés contre le Yishouv. Et l’arrivée des Juifs des pays arabes, chassés de chez eux par des Musulmans, qui ne leur inspiraient donc plus aucune confiance, n’a fait qu’exacerber les divisions. » 
Aujourd’hui, 60 ans plus tard, face au problème apparemment insoluble de ces deux nations réclamant la même terre ancestrale, il est temps de revisiter le passé pour bâtir l’avenir. En fin de compte, estime Tsvi Misinaï, la réintégration des Palestiniens au sein du peuple juif est la meilleure (et la seule) issue. « Nous avons exploré à fond les solutions de la partition, de la guerre défensive et de ce que le monde appelle l’occupation. Rien n’a fonctionné. Le monde commence à se fatiguer de nos chamailleries et il nous pousse à trouver une solution, quelle qu’elle soit. Jusque-là, toutes celles que nous avons pu imaginer ont échoué, mais il existe une pensée neuve, innovante, que beaucoup de Juifs et de Palestiniens seraient prêts à partager. Et si nous l’acceptons, les nations du monde en feront autant. » 

L’ »Engagement » de Tsvi Misinaï unirait ainsi les « deux royaumes d’Israël » décrits par le prophète Ezéchiel. « Les Juifs partis en exil ont mis toute leur âme à sauvegarder leur culture, leurs croyances et leur religion. Ceux qui sont restés sur place, eux, se sont accrochés aussi longtemps que possible à la terre d’Israël. Ces deux amours – celui de la Torah et celui de la terre – proviennent de la même source. Il est temps de réparer les dommages historiques causés par nos ennemis, les Romains, et de réunifier notre peuple. » Dossier du Jérusalem Post 29/09/2009